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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 14:00
Est-ce en souvenir du Antiochus IV Epiphanes, souverain Séleucide en Perse, qui tenta d'imposer par la force les moeurs hellenistiques aux Juifs qu'il persécuta au point d'être considéré comme l'antéchrist... que l'on a donné ce nom à ce rotifère à la voracité effrayante.
Imaginez un entonnoir girouettant sur lui-mème aspirant sans répit la moindre algue, le moindre bactérie, le moindre protozoaire les englobant dans un pièce ciliaire aboutissant à un broyeur implacable. L'animalcule est microscopique, il n'en est pas moins un géant à l'échelle des rotifières bdelloïdes et des paramécies.

Ce qui frappe c'est la couronne ciliaire, un trochus d'une redoutable efficacité : trois masses de cirres suscitent un tourbillon captateur, une couronne ciliaire le long de la ceinture circumapicale ferme le piège, deux touffes latérales de cirres interdit tout retour... la cuvette se prolonge jusqu'au trophus, dont le mastax malléé est capable de broyer des proies de grande taille. Au centre d'un corps conique, translucide, en rotation et contraction perpétuelle, on discerne la masse stomachale, un estomac rendu verdâtre par son contenu, se prolongeant en un intestin. A l'extrémité du tube, une poche se forme et se contracte périodiquement, une vessie cloacale assure l'évacuation des déchets.
De part et d'autre de l'estomac, au niveau de la masse musculaire animant le trophus, on trouve deux masses glandulaires faisant office de glande gastrique. Difficilement on peut distinguer les fibres musculaire assurant la cohésion de ces organes et le solidarisant avec la cuticule. La partie caudale est courte, peu distincte du corps, et se termine par deux orteils. On discerne les glandes pédieuses qui sécrète un mucus permettant au rotifère de se fixer au substrat. Certains rotifères, comme le Synchaeta tremuila sécrète une sorte de fil où se collent parfois des particules et autres débris. Ce fil rattache le rotifère à un substrat, de sorte que l'animal se contente de tournoier autour de ce point d'appui pour aspirer sa nourriture. Curieusement, j'ai perçu ce type de comportement chez l'Epiphanes observé, ce qui est inhabituel chez lui. Le plus probable et qu'il se soit trouvé accidentellement empêtré dans un fil de mucus existant, rendu visible par les particules qui y étaient collées. Des Synchaeta existent aussi dans cette culture. La confusion avec S. tremula aurait pu être possible mais le spécimen observé a bien le trochus (couronne ciliaire interne) et le cingulum (couronne ciliaire externe) d'un Epiphanes. Les Synchaeta ont des pointes épineuses (cirres ?) recourbées assez caractéristiques.

Vorace, l'Epiphanes est capable d'ingérer des paramécies même si son menu habituel consiste en algues, euglènes et autres flagellés  - je l'ai vu piéger (peut être accidentellement) ce protozoaire -, et sur un spécimen que j'ai observé, j'ai constaté la présence dans l'estomac d'un débris dont la forme caractéristique m'a paru celle d'un mastax de rotifère bdelloïde (rotaria sp). Curieusement, il n'ingère pas des débris inanimés ou non comestibles, qui balaie cependant de sa couronne ciliaire.

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Published by Patrice Dx - dans Microscopie
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