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  • : Naturalia - sciences naturelles
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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:09

Dans une culture prélevée dans le parc de Tervueren, j'ai observé plusieurs specimens d'un ver platyhelminthe faisant partie de la classe des Turbellariés. Il s'agit plus que vraisemblablement d'un Gieysztoria sp.

 

un specimen juvénile a d'abord été observé :

 

 


 

Ce qui le caractérise, mis à part sa forme générale "fantomatique", est la présence de deux ocelles, un pharynx presque cylindrique, (je dirais plutot en forme de tonnelet) situé dans le tiers antérieur, un intestin non ramifié qui se présente comme un amas de cellules granuleuses, sans lumière visible... il n'y a pas d'appareil circulatoire ni circulatoire. Les platyhelminthes sont acoeiomate. Sous le cuticule épidermique, qui est entièrement cilié, se trouve un tissu parenchymateux. Sur les juvéniles, les appareils reproducteurs - ce ver est hermaphrodite - ne sont pas ou peu discernables.

 

Voici une vidéo de deux specimens adulte, le second porte un oeuf

 

 

 

Le forme et l'organisation de l'appareil reproducteur constitue des caractéristiques spécifiques dont la mise en évidence est indispensable à l'identification précise de l'espèce

 

Il y a peu de documentation sur le net : Je pense qu'il s'agit d'un Gieysztoria sp. ou d'un Microdalyellia sp. (peut être synonyme ???). le Turbellarian taxonomic database donne quelques indications de diagnose ; voir la liste des Gieysztoria sp... quelques illustrations sont disponibles, permettant de se faire une idée de l'anatomie de ces vers.

 

De l'appareil reproducteur, j'identifie l'organe copulatoire male : le stylet, qui comporte une structure interne complexe : l'appareil cuticulaire  (cuticular apparatus).L'ovaire est aussi visible, cinq ou six cellules a gros noyau, les ovules en formation, sont visible. Sur l'individu portant l'oeuf, on peut déduire la position de l'utérus, dans lequel l'oeuf est présent. De part et d'autre de l'intestin, on distingue les vitellogènes : organe ramifié granuleux.

 

voici un schéma anatomique :

 

Gieysztoria-diagr-web.jpg

 

ce schéma reste incomplet puisque je n'ai pas pu identifier avec certitude
- le(s) testicule(s),
- la "bursa copulatrix"
- le réceptacle séminal
- l'emplacement exact du gonopore

 

un dernier point : les individus observés sous lamelle se déforment considérablement, ce qui est dû à la compression qu'ils subissent. Observés à la loupe binoculaire (les grands specimens sont parfaitement identifiables), ils ne s'aplatissent pas et ne se déforment pas spontanément, nageant librement ou progressant à la surface des débris. Les adultes observés ne possèdent pas les longues soies caudales remarquées chez les juvéniles.

 

on remarque sur le cuticule des ponctuations réparties régulièrement, je pense qu'il s'agit des rhabdites, cellules en forme de batonnets.

 

Turbellaria.jpg

 

soies caudales, observée chez le juvénile : obj 40x contraste de phase

 

soies.jpg

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 18:33

Loxodes.jpgUn certain nombre de ciliés présentent une forme lancéolée, aplatie latéralement comme une feuille. Parmi ceux là, Loxodes présente des caractéristiques particulières.

Loxodes Ehrenberg, 1830, fait partie de l'ordre des Loxodida, qui ne présente en fait que deux genre : Loxodes et Ramanella. Ces deux organismes sont assez semblables mais Ramanella est exclusivement marin.

Il y a plusieurs espèces dans le genre Loxodes, celle qui a été observée est plus que vraisemblablement L. vorax.
L. magnus est beaucoup plus grand (supérieur à 500 microns) et L. striatus se caractérise par des vacuoles contractiles à la partie antérieure et postérieure, vacuoles non formellement observées ici. Plusieurs autres espèces sont citées par Protist information server, mais il n'y a pas de consensus sur la taxonomie du genre et certains auteurs penchent pour réduire le nombre d'espèces, considérant les autres comme des variations ou des sous-espèces.

Ce cilié caractéristique a une longueur de 180 à 200 microns. Le corps est aplati latéralement, transparent comportant de nombreuses inclusions. Antérieurement, il se termine par un rostre incurvé comme un "bec". Ce qui permet de l'identifier immédiatement comme Loxodes sp. Dans la partie concave du rostre, on observe la zone orale, sorte de sillon à pigmentation jaune-brun, se prolongeant par un canal pharyngien bordé de némadesmes péripharyngiens. Cette caractéristique le permet de le distinguer des Loxophyllum par exemple.

En observant avec attention, on peut discerner le long de la partie dorsale (convexe) des petites vésicules avec un corpuscule intérieure : ce sont les corps de Muller, vacuoles contenant un statolithe. Ces corps de Muller ont été bien observés, les trois premiers d'entre eux sont visibles dans la partie antérieures, trois autres sont plus petits, un peu distants du bord dorsal. Cet organe sensitif permet une navigation équilibrée.

vlc-loxodes-01114.jpgIl y a deux macronucleus, ou un macronucleus réniforme dont on perçois les extrémités comme deux sphères isolées ou reliées. Ces macronucleus comportent une centriole. des illustrations le représente avec des nucléus petits et bien séparés mais les spécimens observés semblaient présenter des macronucléus quelque peu jaunatres, proches et assez gros. Il y a de nombreuses inclusions digestives.

Ce qui caractérise aussi les Loxodes est la texture "spongieuse" du protoplasme, empli de vacuoles qui le font ressembler à une mousse. A certains endroits le protoplasme apparait comme des tractus fins.

La ciliature est uniforme mais on discerne les lignes parallèles, longitudinales de kineties, visibles surtout à la partie antérieure près du rostre.

Ce cilié, qui apparait dans les eaux croupies, est fragile. Il peut se désagréger (lyser) très rapidement sous la lamelle et une colonie disparaitre en très peu de temps, dans d'autres prélèvement, il peut fort bien se porter pendant toute l'observation.

 

Loxodes est certainement bactériophage, mais ses inclusions digestives comportent des fragments de chlorophylle et des débris minéraux.  De visu, j'ai pu constater qu'il absorbe des bactéries. Nageant près d'un voile bactérien, le mouvement des cils et le repli du rostre sur lui-même provoquent une agglomération sphérique de ce voile bactérien qui est absorbé d'un coup par le cytostome élargi, à la base du rostre, créant une large vacuole digestive. Le canal pharyngien peut donc s'élargir. Il est tout à fait possible qu'il absorbe d'autre nourriture que les bactéries : algues, fragments de chloroplaste des spirogyres morts

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 01:05
spathidium01-copie-2.jpg

Le Spathidium est un cilié dont le cytostome est sub-apical, consistant en une fente. Le corps peut être allongé ou ovoide, mais la zone apicale est compressée latéralement, en forme d'éventail. La ciliature est homogène, réparties en lignes de kineties parallèles. Une frange ciliaire plus abondante peut être remarquée à proximité de la zone orale, elle même surmontée d'une sorte de fine crête, peu apparente dans le spécimen observé. On remarque des rangées de trichocystes. A noter, une grande (parfois deux) vacuoles à l'extrémité distale. De nombreuses inclusions sphériques, claires ou le plus souvent colorées. L'examen à contraste de phase ne met pas en évidence le ou les macronucléus. Chez S. seppelti, il y a de très nombreux nodules macronucléaires (100 à 200) - voir http://www.nies.go.j...ho/spa-dium.htm - le site ne décrit que 3 espèces parmis plus de 60 mentionnées...

vlc-spathidium-56276.jpg



















vlc--spathidium-56786.jpg
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 16:59

Steinia platystoma est parfois appelé Oxytricha platystoma


cilie4-oxytricha.jpg

Les Oxytrichidae sont une famille de ciliés hypotriches, c'est à dire comportant des cirres ventraux bien différenciés et généralement très visibles. Les Oxytrichidae comportent plusieurs genre dont Oxytricha.

Ce dernier se caractérise par
  • un groupe de cirres frontaux, au nombre de 7-8, dont les 3 premiers sont plus développés
  • des cirres ventraux: en deux groupes, souvent 3 cirres subéquatoriaux et 2 cirres postérieurs
  • cinq cirres transversaux
  • de part et d'autre deux rangées de cirres marginaux
  • trois cirres caudaux...parfois peu visibles
oxytricha-sp.jpg

Le genre Steinia, présente globalement les mêmes caractéristiques au point que plusieurs auteur assimile certaines espèces au genre Oxytricha.

Nous avons par exemple : Steinia platystoma, appelé parfois Oxytricha platystoma.

Ce qui le distingue aisément est la forme de la zone parorale, qui se présente comme une structure courbée, presque en spirale, fermant le péristome par une membrane parorale, fortement recourbée. On discerne une formation circulaire en avant de la zone orale. L'AZM est bien développé, et l'on discerne parfois les membranelles endorales.

Steiniaplatystoma-web.jpg


voici en outre une prise de vue au "microwebcam", en contraste de phase, mettant en évidence les deux macronucleus


vlc-steinia-00403.jpg


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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 10:19
Sur un échantillon prélèvé dans une petites mares d'une zone humide protégée, le "Broek", d'Uccle, j'observe des ciliés de belle taille, ovoide presque parfait, de couleur dominante verte. De prime abord on ne discerne pas de cytostome, mais l'examen attentif révèle qu'il se situe parfaitement dans la région apicale comme une petite invagination couronnée d'une ponctuation discernable à fort grossissement. A l'autre extrémité, une vacuole se contracte régulièrement



Il s'agit de Prorodon viridis.

C'est un cilié holotriche de taille moyenne, contenant un grand nombre de zoochlorelles endosymbiotiques. La ciliature est homogène et l'on remarque à moyen grossissement l'organisation des cineties en méridiens parallèles. Le noyau est ovoide, un peu irrégulier, et central. Les zoochlorelles se situent à la périphérie du cytoplasme. On peut remarquer chez certains individus des inclusions digestives : diatomées, algues, et peut être même d'autres ciliés, peuvent être ingérés.




Le cytostome est apical. On discerne à fort grossissement une couronne de nématodesmes assez courts. Les nématodesmes (nematodesmata) sont des faisceaux de microtubules renforçant la paroi du cytopharynx. La cavité buccale, généralement peu profonde, peut néanmoins s'élargir, pour absorber de grosses proies. On le voit parfois se coller obstinément à un débris, voire à la lamelle. Ce qui permet de bien observer l'élargissement du cytostome.



Autre caractéristique distinctive : la présence d'une (ou de plusieurs) vacuoles pulsatiles situées à l'extrémité postérieure. Cette vacuole débouche sur un cytoprocte par où sont évacués les déchets.

L'endosymbiose avec des algues vertes est un phénomène courant dans le monde des protistes. Il ne touche pas seulement des protozoaires mais aussi certains métazoaires comme des hydres.
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 09:50
Les Frontonia sont des gros ciliés holotriches dont la dimension peut atteindre, chesz Frontonia leucas, 500 microns. Ce qui frappe de prime abord est leur voracité : il peuvent ingérer de grandes diatomées et des algues que l'on peut voir, ingérés et quasi intacts, dans des vacuoles digestives très visibles. Mais l'examen de la cavité orale et de la ciliature révèle quelques détails intéressants


Les specimens que j'ai observés sont plus petits, ils n'atteignent pas 150 microns.
ils sont holotriches, ovoïdes, et se caractérisent par la présence de nombreuses vacuoles digestives contenant des algues (des chlorococcales essentiellement), des diatomées, et divers débris.



En plus de ces inclusions, leur cytoplasme comporte des algues symbiotiques - des zoochlorelles - ici de couleur vert-bleuté.

La ciliature est homogène, mais chaque cil est accompagné d'un trichocyste. Ces trichocystes, sortes d'aiguilles logées dans un tubule fusiforme, peuvent être éjectés lorsque le Frontania est stressé. Ils ne sont pas répartis au hasard, des lignes de cineties peuvent être observées à fort grossissement, ils sont parallèles et s'organisent autour du cytostome.




Le cytostome est une cavité peu profonde, ovale et bordée d'une membranelle. Les cineties renforcent la parois (et permettent l'ouverture et l'englobement des proies) qui se prolongent en sillons effilés. L'architecture du cytostome caractérise le genre, et le détail - que des techniques de coloration mettent en évidence - permet de différencier les espèces.



Les Frontonia observés contiennent des algues symbiotiques, les zoochlorelles.
A fort grossissement, on voit les zoochlorelles ne sont pas sphériques, ils possèdent des prolongements ressemblant dont certains paraissent ramifiés. Beaucoup de ces zoochlorelles semblent contenir un noyau. Il ne s'agit clairement pas de simple inclusions de chloroplastes qui auraient été ingérés.



La symbiose zoochlorelle/protozoaire est fréquente. L'avantage est réciproque : protection des algues contre oxygénation (qui résulte de la photosynthèse). Les algues profitent aussi de la mobilité des ciliés qui s'exposent à la lumière. On a noté que les organismes symbiotiques se retrouvent plus fréquemment à une profondeur d'un mètre, dans une zone où l'oxygène dissout est plus rare mais qui reste cependant bien éclairée.
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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 11:32
Les vers plats, ou Platyhelminthes (on écrit aussi Plathelminthes) interessent fortement les biologistes, à cause de leur extraordinaire capacité de régénération : un individu entier se reconstitue à partir d'un fragment coupé à partir de cellules souches, les néoblastes.

Quatre classes subdivisent les Platyhelminthes : Turbellaria, Monogenea, Trematoda, and Cestoda. Certains d'entre eux sont des parasites connus et redoutés : les Cestodes, comme le ténia ou les trématodes, comme la Douve du foie, ou le Schistosomes, responsables de la bilharziose. Les monogènes sont souvent des parasites externes des poissons.

Les Turbellaria sont, quant à eux, des formes libres, non parasitaires. La plupart de ces vers plats sont marins, mais certains sont dulcicoles, habitant les eaux douces, et le plus connu d'entre eux est le planaire.
L'analyse cladistique basée sur l'étude comparative des séquences génétiques secoue quelque peu la classification traditionnelles : les platyhelminthes ne sont pas "monophylétiques", c'est à dire qu'ils n'ont pas un ancêtre unique. Dès lors la classification doit être remaniée et elle est encore discutée.

Nous avons, en gros, parmi les bilatériens (métazoaires doté d'une symétrie bilatérales), deux groupes : les Acoelomorphes et les Platyhelminthes et ces derniers se subdivisent en deux classes : Catenulida et Rhabditophora.

Très bien, mais encore ?

Sous le microscope, lorsque nous avons un ver plat, que voyons-nous ?

En voici un.





Il s'agit d'un Plathelminthe, un Turbellarié, que je pense être un Stenostomum, un Catenulida. Sa longueur approche les 500 micromètres, Il se présente comme un ver allongé, plat, à l'extrémité céphalique plus large. Le tube digestif est peu différencié : un pharynx et un intestin, opacifié par de nombreuses cellules sombres, fortement pigmentées. L'épiderme est un épithélium assez épais, densément cilié. Il n'y a pas de cils ou cirres différenciés. Dans la partie céphalique, on distingue la bouche, fente pouvant s'ouvrir et changer de forme. Cette région débouche sur un pharynx dont le lumen est cilié. Par transparence, on peut voir une masse cérébrale en deux hémisphères bilobées. Partie caudale conique, assez courte. A mi corps on constate parfois un épaississement de la cuticule. Je n'ai pas observé, sur les spécimens rencontré, de zoides formé, mis à part l'épaississement central de l'épiderme. Le ver n'a pas de coelome. Les organes sont étroitement juxtaposés et un parenchyme remplit les vides. De part et d'autre du pharynx, un groupe de grandes cellules péripharyngiennes. Le pharynx présente une structure pseudoannelée. il est épais et semble se terminer, au niveau de l'intestin, par un sphincter ou une masse annulaire. De part et d'autre, entre l'épiderme et le pharynx, deux masses de cellules polygonales assez grandes. (à noter que je n'ai pu voir de noyaux dans ces "cellules" ou amas de cellules)




En résumé on peut constater :
1. que le tube digestif est fermé, il n'y a qu'un seul orifice buccal. Sa différenciation est élémentaire : une bouche, avec des cellules péribuccales formant une rosace de tentacules, qui peuvent s'évaginer ; un pharynx (avec des cellules péripharyngiennes), un tube intestinal.
2. que l'appareil circulatoire est absent
3. l'appareil nerveux comporte un cerveau à deux hémisphères bilobés, visible dans la partie céphalique, en avant de la cavité buccale
4. tout le corps est cilié, mais sans différenciation de cils



A fort grossissement, j'ai pu découvrir les ocelles. Ces yeux sont très élémentaires puisqu'ils ne consistent qu'en une cuvette comportant quelques cellules réfringentes, connectées semble-t-il à un nerf optique.



voici une autre espèce de Turbellaria



on remarque de suite les différences par rapport à l'espèce précédente. Le ver est plus allongé. La disposition de la bouche est différente : au milieu de la partie céphalique, elle détermine une fente longitudinale (tandis que l'espèce observée hier présentait une fente transversale).

Le pharynx est moins visible, seulement par le lumen devenant visible lorsque l'organisme "avale". La disposition de la masse cérébrale est moins nette : on peut discerner deux lobes dont la partie antérieure est allongée.

A l'avant des ganglions cérébraux, une série de masses cellulaires en 9-10 rangées, une disposition pseudo-annelé. Je pense qu'il s'agit d'un organe sensoriel. Le corps est régulièrement cilié, mais à l'extrémité antérieures il y a 3 cirres plus longs, qui ne peuvent être discerné à 40x et en contraste de phase.

Sur un autre plan que le pharynx, il y a une série de canaux anastomosés provenant de la région cérébrale et se poursuivant le long du corps. On peut discerner aussi des canules semblables dans la partie caudale. L'intestin est garni de grandes cellules sombres - cellules excrétrices ? A fort grossissement (100ximm) on peut discerner au milieu de la partie céphalique, à l'avant du ganglion cérébral, une cellule unique, plus réfringente, possédant quelques granules ; je pense qu'il s'agit d'un statocyte.




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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 23:17
Certains protozoaires sont de redoutables prédateurs. Parmi ceux-ci, les suctoriens dont la technique de capture est digne des créatures extraterrestres d'un film de SF...

Acineta est l'un d'entre eux. Le zoïde est contenu dans une lorica à parois fines dans la forme évoque un calice dont les bords sont accolés, à l'exception de deux ouvertures latérales laissant passer un bouquet de tentacules. Les tentacules sont regroupées en faisceaux, au nombre de deux (chez certaines espèces il y en a 3) et sont présentent un renflement terminal. Il y a une dizaine de tentacules par faisceau.

Dans le calice, une vacuole est visible, constituée du regroupement périodiques de petites vacuoles qui s'anastomosent. Lorsque la vacuole se contracte, un canal d'excrétion devient visible. Un macronucléus ovoide peut être discerné. Le pied, stipe rigide, est ici aussi long que le zoïde.











Le premier spécimen observé se présentait latéralement. Peut-être à cause de la manipulation de la lamelle ou de l'écrasement du protozoaire, les tentacules sont restées contractées, invisibles à l'intérieur de la lorica. La pulsation rythmique de la vacuole et le noyau ont été observés.



Une recherche ultérieure à permis de trouver un autre spécimen aux tentacules visibles. l'Acineta se présentant obliquement, la mise au point ne pouvait se faire que sur un groupe de tentacules à la fois. Le temps de passer à l'objectif à immersion, l'Acineta avait capturé un cilié hypotriche de belle taille. Immédiatement, le cilié fut immobilisé, pris au piège de 7 ou 8 tentacules munis à l'extrémité d'une sorte de ventouse. Ces tentacules se mirent à pomper le cytoplasme de la proie qui se vit  en 45 minutes littéralement vidée. A un grossissement de 1000x on pouvait apercevoir le flux nourricier à travers les tubes et l'on constatait la prolifération, dans le zoïde, des vacuoles digestives.





Acitena
ne doit pas être confondu avec Podophrya, autre suctorien se présentant comme un cône sessile, qui ne possède pas de lorica. Tokophrya est aussi un autre genre de suctorien de forme conique, mais ne possédant pas, non plus, de lorica. Acinetides ressemble à Acineta, avec un pied qui, dans ce genre (qui ne comporte qu'une seule espèce) contient du cytoplasme. Acinetides a été découvert dans le lac Baikal et semble parasiter un crustacé, tout comme Canellana.

Notre Acineta se trouve sur une algue verte sans doute un Oedogonium. Le cycle reproductif est intéressant : l'organisme bourgeonne à l'intérieur du lorica et génère des formes télotroches qui sont ciliés. Ces immatures se fixent à nouveau et acquièrent lorica et tentacules.
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 20:10

Aeolosoma sp. - zone cephalique, prostomum et oesophage région céphalique et pharyngée.


La région céphalique est élargie, aplatie et présente une zone buccale densément ciliée.
le cuticule présente auss une ciliature bien visible à fort grossissement.

Les mouvements des cils créent un courant aspirant l'eau et les matières nutritives vers le pharynx. Celui-ci est court et l'on peut voir l'oesophage, souvent quelque peu replié sur lui-même, aboutir à l'estomac.





La région oesophagienne couvre deux segments (métamères) que l'on peut distinguer aux paires de soies latérales.
Par transparence on discerne en superposition partielle le vaisseau sanguin ventral, qui est quasiment rectiligne et se prolonge jusqu'à la partie caudale. On remarque, sur la photo, la première paire de soies (setae).

on note sur la deuxième photographie, les cils vibratiles recouvrant le cuticule externe de la région céphalique.










 

 

 

 

 




Segment oesophagien


l'estomac se voit à droite. Plus musculeux, la parois stomacale est striée longitudinalement de sillon irréguliers.

La lumière est souvent emplies de débris divers, alimentaires, végétaux et minéraux.

Noter que le cuticule épidermique est séparé du tube digestif par la cavité coelomique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





Néphridies

A chaque métamère, le tube digestif est flanqué d'une paire de néphridies, qui sont les organes excréteurs (physiologiquement équivalent du rein des vertébrés). Ces néphridies se présentent comme une saccule débouchant dans la cavité coelomique par un néphrostome.


 Des cellules flagellées garnissent la paroi de ce saccule qui est relié au tube digestif.















































Aeolosoma sp - kyste

Enkystement



Par conditions défavorables et particulièrement par temps froids, les Aeolosoma peuvent s'enkyster. Le ver accumule des réserves nutritives et s'enroule dans un coque mucilagineuse protectrice transparente, on peut voir à travers les "pois" rouges qui caractérisent l'Aeolosoma hemprichi. Le kyste est spéhrique et de taille variable, entre 175 et 250 microns.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 00:47

Représentants les plus primitifs des annélides oligochètes, les Aeolosomatidae se caractérisent par un large pros
tomum aplati et ventralement cilié. Leur longueur varie de 1 à 10 mm. Les contractions leur donnent une apparence de segmentation externe. Le corps est muni de soies latérales, groupées par paires mais il n'y a pas de parapodes. Le ver est souvent constitué d'une chaine de zoïdes produits par fragmentation.  Le corps est coloré par des cellules glandulaires épidermiques qui consistent en une vacuole remplie d'un liquide dont la couleur varie selon l'espèce : rouge, vert, bleu-vert, jaune ou parfois incolore. Il y a une trentaine d'espèces réparties dans trois genres - Aelosoma, Histricosoma, Rheomorpha - dans le monde que l'on trouve le plus souvent dans la terre, dans les espaces interstitiels.



 

 

 

 


Aeolosoma sp.


Ces taches sont rouges-oranges chez Aeolosoma hemprichi et sont réparties sur tout du corps, avec une prédominance toutefois sur le prostomum.


Le ver mesure un peu près 1mm, il peut être plus court. Le prostomum est élargi, aplati et muni de cils vibratiles qui ont une fonction sensorielle. Ces cils dirigent aussi la nourriture (débris divers, bactéries etc) vers l'orifice buccal, un sphincter garni lui aussi de cils. Le ver passe ainsi sur les débris tel un aspirateur et l'on voit progresser le bol alimentaire (où se trouvent aussi des fragments minéraux) dans le tube digestif.


Ce dernier comporte trois segments distincts : l'oesophage, relativement court, souvent replié, débouche sur l'estomac, plus large et à structure musculaire est longitudinalement  fibreuse. L'intestin occupe le dernier tiers du tube digestif. Le tout est animé de contractions péristaltiques. Le ver peut aussi se contracter ou s'étendre, glissant sans peine entre les débris. Les Aelosoma sont lucifuges et on les trouve au fond de l'infusion, dans la matière végétale en décomposition.


Cet oligochète possède des groupes de soies (au nombre de 5 environ) disposés en paires. Les soies sont droites, de type "capillaire", non épaissies et semblent ne pas présenter d'ornements. Ils s'enracinent latéralement dans l'hypoderme et jusque dans la cavité coelomique. J'ai compté, sur un individu, 7 + 4 paires (les quatre dernières se trouvant sur un zoide en formation).


Les oligochètes, comme annélides, sont métamérisés, mais il n'y pas, dans ce genre, de septa, cloisons internes, séparant les métamères, au nombre de 6 ou 7. Ceux ci se comptent à partir des setae.









Reproduction

Aelosom : scission


Bien qu'une reproduction sexuée existe (l'animal est hermaphrodite protandre, le testicule arrive à maturation avant l'ovaire) elle est fort rare.


Le plus souvent, la reproduction est asexuée, par fission, l'animal se segmente en "bourgeons" appelés zoïdes, dans la partie postérieure (pygidium) de l'animal. Progressivement on voit se différencier un prostomum et le tube digestif se contracter. Ce processus est continu durant la vie et l'on peut voir se former dans un même individu des zoides successifs non détachés.


A basse température ou en cas de mauvaises conditions nutritionnelles, l'aelosoma peut s'enkyster. La formation du kyste est décrite par H. Herlant-Meewis.






Parasitisme


L'intestin des Aeolosoma peut être parasité par Anoplophrya maupasi, un protozoaire cilié astome. Ovoide, finement cilié (la ciliature est régulière), il se reproduit par scission transversale mais aussi par une sorte de bourgeonnement dit caténulaire. Le corps se segmente partiellement, formant une chaine successives de 2-3 cellules-filles. (voir Casimir CEPEDE, Recherches sur les infusoires astomes; anatomie, biologie, éthologie parasitaire, systématique (1910) : http://www.archive.org/details/recherchessurles00cp)
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