Les Frontonia sont des gros ciliés holotriches dont la dimension peut atteindre, chesz Frontonia leucas, 500 microns. Ce qui frappe de prime abord est leur voracité : il peuvent ingérer de
grandes diatomées et des algues que l'on peut voir, ingérés et quasi intacts, dans des vacuoles digestives très visibles. Mais l'examen de la cavité orale et de la ciliature révèle quelques détails
intéressants
Les specimens que j'ai observés sont plus petits, ils n'atteignent pas 150 microns.
ils sont holotriches, ovoïdes, et se caractérisent par la présence de nombreuses vacuoles digestives contenant des algues (des chlorococcales essentiellement), des diatomées, et divers débris.
En plus de ces inclusions, leur cytoplasme comporte des algues symbiotiques - des zoochlorelles - ici de couleur vert-bleuté.
La ciliature est homogène, mais chaque cil est accompagné d'un trichocyste. Ces
trichocystes, sortes d'aiguilles logées dans un tubule fusiforme, peuvent être éjectés lorsque le Frontania
est stressé. Ils ne sont pas répartis au hasard, des lignes de cineties peuvent être observées à fort grossissement, ils sont parallèles et s'organisent autour du cytostome.
Le cytostome est une cavité peu profonde, ovale et bordée d'une membranelle. Les cineties renforcent la parois (et permettent l'ouverture et l'englobement des proies) qui se prolongent en
sillons effilés. L'architecture du cytostome caractérise le genre, et le détail - que des techniques de coloration mettent en évidence - permet de différencier les espèces.
Les Frontonia observés contiennent des algues symbiotiques, les
zoochlorelles.
A fort grossissement, on voit les zoochlorelles ne sont pas sphériques, ils possèdent des prolongements ressemblant dont certains paraissent ramifiés. Beaucoup de ces zoochlorelles semblent
contenir un noyau. Il ne s'agit clairement pas de simple inclusions de chloroplastes qui auraient été ingérés.
La symbiose zoochlorelle/protozoaire est fréquente. L'avantage est réciproque : protection des algues contre oxygénation (qui résulte de la photosynthèse). Les algues profitent aussi de la mobilité
des ciliés qui s'exposent à la lumière. On a noté que les organismes symbiotiques se retrouvent plus fréquemment à une profondeur d'un mètre, dans une zone où l'oxygène dissout est plus rare mais
qui reste cependant bien éclairée.
Derniers Commentaires