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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 11:32
Les vers plats, ou Platyhelminthes (on écrit aussi Plathelminthes) interessent fortement les biologistes, à cause de leur extraordinaire capacité de régénération : un individu entier se reconstitue à partir d'un fragment coupé à partir de cellules souches, les néoblastes.

Quatre classes subdivisent les Platyhelminthes : Turbellaria, Monogenea, Trematoda, and Cestoda. Certains d'entre eux sont des parasites connus et redoutés : les Cestodes, comme le ténia ou les trématodes, comme la Douve du foie, ou le Schistosomes, responsables de la bilharziose. Les monogènes sont souvent des parasites externes des poissons.

Les Turbellaria sont, quant à eux, des formes libres, non parasitaires. La plupart de ces vers plats sont marins, mais certains sont dulcicoles, habitant les eaux douces, et le plus connu d'entre eux est le planaire.
L'analyse cladistique basée sur l'étude comparative des séquences génétiques secoue quelque peu la classification traditionnelles : les platyhelminthes ne sont pas "monophylétiques", c'est à dire qu'ils n'ont pas un ancêtre unique. Dès lors la classification doit être remaniée et elle est encore discutée.

Nous avons, en gros, parmi les bilatériens (métazoaires doté d'une symétrie bilatérales), deux groupes : les Acoelomorphes et les Platyhelminthes et ces derniers se subdivisent en deux classes : Catenulida et Rhabditophora.

Très bien, mais encore ?

Sous le microscope, lorsque nous avons un ver plat, que voyons-nous ?

En voici un.





Il s'agit d'un Plathelminthe, un Turbellarié, que je pense être un Stenostomum, un Catenulida. Sa longueur approche les 500 micromètres, Il se présente comme un ver allongé, plat, à l'extrémité céphalique plus large. Le tube digestif est peu différencié : un pharynx et un intestin, opacifié par de nombreuses cellules sombres, fortement pigmentées. L'épiderme est un épithélium assez épais, densément cilié. Il n'y a pas de cils ou cirres différenciés. Dans la partie céphalique, on distingue la bouche, fente pouvant s'ouvrir et changer de forme. Cette région débouche sur un pharynx dont le lumen est cilié. Par transparence, on peut voir une masse cérébrale en deux hémisphères bilobées. Partie caudale conique, assez courte. A mi corps on constate parfois un épaississement de la cuticule. Je n'ai pas observé, sur les spécimens rencontré, de zoides formé, mis à part l'épaississement central de l'épiderme. Le ver n'a pas de coelome. Les organes sont étroitement juxtaposés et un parenchyme remplit les vides. De part et d'autre du pharynx, un groupe de grandes cellules péripharyngiennes. Le pharynx présente une structure pseudoannelée. il est épais et semble se terminer, au niveau de l'intestin, par un sphincter ou une masse annulaire. De part et d'autre, entre l'épiderme et le pharynx, deux masses de cellules polygonales assez grandes. (à noter que je n'ai pu voir de noyaux dans ces "cellules" ou amas de cellules)




En résumé on peut constater :
1. que le tube digestif est fermé, il n'y a qu'un seul orifice buccal. Sa différenciation est élémentaire : une bouche, avec des cellules péribuccales formant une rosace de tentacules, qui peuvent s'évaginer ; un pharynx (avec des cellules péripharyngiennes), un tube intestinal.
2. que l'appareil circulatoire est absent
3. l'appareil nerveux comporte un cerveau à deux hémisphères bilobés, visible dans la partie céphalique, en avant de la cavité buccale
4. tout le corps est cilié, mais sans différenciation de cils



A fort grossissement, j'ai pu découvrir les ocelles. Ces yeux sont très élémentaires puisqu'ils ne consistent qu'en une cuvette comportant quelques cellules réfringentes, connectées semble-t-il à un nerf optique.



voici une autre espèce de Turbellaria



on remarque de suite les différences par rapport à l'espèce précédente. Le ver est plus allongé. La disposition de la bouche est différente : au milieu de la partie céphalique, elle détermine une fente longitudinale (tandis que l'espèce observée hier présentait une fente transversale).

Le pharynx est moins visible, seulement par le lumen devenant visible lorsque l'organisme "avale". La disposition de la masse cérébrale est moins nette : on peut discerner deux lobes dont la partie antérieure est allongée.

A l'avant des ganglions cérébraux, une série de masses cellulaires en 9-10 rangées, une disposition pseudo-annelé. Je pense qu'il s'agit d'un organe sensoriel. Le corps est régulièrement cilié, mais à l'extrémité antérieures il y a 3 cirres plus longs, qui ne peuvent être discerné à 40x et en contraste de phase.

Sur un autre plan que le pharynx, il y a une série de canaux anastomosés provenant de la région cérébrale et se poursuivant le long du corps. On peut discerner aussi des canules semblables dans la partie caudale. L'intestin est garni de grandes cellules sombres - cellules excrétrices ? A fort grossissement (100ximm) on peut discerner au milieu de la partie céphalique, à l'avant du ganglion cérébral, une cellule unique, plus réfringente, possédant quelques granules ; je pense qu'il s'agit d'un statocyte.




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Published by Patrice Dx - dans Microscopie
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