un regard sur les sciences naturelles, la biologie et l'écologie - observations naturalistes et microscopie
Parmi les Rhizopodes, les amibes forment un groupe hétérogène, d'autant plus que des organismes divers peuvent prendre une forme amiboïde à un moment ou l'autre de leur cycle vital ou dans certaines conditions. Au point qu'on peut se demander si le terme « amibe » (du grec amoibê transformation) recouvre plus une forme d'organisation cellulaire (déplacement par pseudopode) qu'une catégorie taxonomique. En effet, il n'est pas certain que tous les membres de ce groupe appartiennent à un même phylum. La taxonomie des protozoaires est d'ailleurs en perpétuelle reconstruction en fonction des analyses cladistiques moléculaires plus poussées. Les rhizopodes étaient autrefois rattachés à d’autres eucaryotes, comme les archéamibes (qui ont été rapprochées des mycétozoaires : Mycetozoa), et les amibes flagellées. Celles ci constituent aujourd'hui le groupe des percolozoaires. Point commun à toutes ces amibes : les pseudopodes. En fait, ils constitueraient une convergence morphologique acquise parallèlement par d'autres taxons comme les Chlorarachniophytes, Foraminifères, Mycétozoaires et les Percolozoaires).
Difflugia est l'un d'entre eux. Celui que j'ai observé provient de la terre gisant au fond d'une petite vasque dans un jardin public...
le thèque (ou lorica) est ovoide se prolongeant par un col un peu plus étroit, assez court, entourant le pseudostome. Le lorica est constitué de particules de quartz étroitement ajustés. Près du col, les particules sont plus petites. Les pseudopodes sont lobées, cylindriques, se ramifiant brièvement lors de leur extension. On peut en compter 5 ou 6 cherchant un point d'appuis. Il semble que les pseudopodes ont une fonction locomotrice permettant une lente reptation. Les particules de quartz sont translucides, on peut distinguer les globules des zoochlorelles, algues vivant en endosymbiose avec l'amibe. On observe parfois le déplacement de ces zoochlorelles, entrainés par le cytoplasme en mouvement. Cependant on ne voit jamais ces algues au niveau des pseudopodes. Le dessin représente le Difflugia vu de dessus... de profil, le thèque parait plus allongé. Si on touche ce thèque, l'amibe se met à l'abri, et il faut attendre quelques minutes avant de voir apparaitre un puis deux, puis trois pseudopodes... pour autant qu'ils retrouvent leur point d'appui. Des flagellés circulent tout autour, les pleuronema ne craignent pas de nager près du pseudostome, à portée des pseudopodes qui n'ont cependant pas pour fonction de phygocyter des protozoaires... Quelques petits choanoflagellés sont visibles, accrochés aux grains de quartz.
Comment se reproduit un Difflugia. Je suppose que la jeune amibe est dépourvue de thèque, qu'elle doit reconstituer. Comment procède-t-elle, comment est génétiquement programmé le choix des matériaux ? On ne peut évidemment parler d'intentionnalité en la matière, dès lors on peut s'interroger sur les mécanismes physiologique qui font que telle espèce choisit tel matériau : grains de sable, quartz, frustules de diatomées... Est-ce dépendant des ressources disponibles ?