Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Créer un Blog

Microscopie

Dimanche 29 mars 2009
Sur un échantillon prélèvé dans une petites mares d'une zone humide protégée, le "Broek", d'Uccle, j'observe des ciliés de belle taille, ovoide presque parfait, de couleur dominante verte. De prime abord on ne discerne pas de cytostome, mais l'examen attentif révèle qu'il se situe parfaitement dans la région apicale comme une petite invagination couronnée d'une ponctuation discernable à fort grossissement. A l'autre extrémité, une vacuole se contracte régulièrement



Il s'agit de Prorodon viridis.

C'est un cilié holotriche de taille moyenne, contenant un grand nombre de zoochlorelles endosymbiotiques. La ciliature est homogène et l'on remarque à moyen grossissement l'organisation des cineties en méridiens parallèles. Le noyau est ovoide, un peu irrégulier, et central. Les zoochlorelles se situent à la périphérie du cytoplasme. On peut remarquer chez certains individus des inclusions digestives : diatomées, algues, et peut être même d'autres ciliés, peuvent être ingérés.




Le cytostome est apical. On discerne à fort grossissement une couronne de nématodesmes assez courts. Les nématodesmes (nematodesmata) sont des faisceaux de microtubules renforçant la paroi du cytopharynx. La cavité buccale, généralement peu profonde, peut néanmoins s'élargir, pour absorber de grosses proies. On le voit parfois se coller obstinément à un débris, voire à la lamelle. Ce qui permet de bien observer l'élargissement du cytostome.



Autre caractéristique distinctive : la présence d'une (ou de plusieurs) vacuoles pulsatiles situées à l'extrémité postérieure. Cette vacuole débouche sur un cytoprocte par où sont évacués les déchets.

L'endosymbiose avec des algues vertes est un phénomène courant dans le monde des protistes. Il ne touche pas seulement des protozoaires mais aussi certains métazoaires comme des hydres.
Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 29 mars 2009
Les Frontonia sont des gros ciliés holotriches dont la dimension peut atteindre, chesz Frontonia leucas, 500 microns. Ce qui frappe de prime abord est leur voracité : il peuvent ingérer de grandes diatomées et des algues que l'on peut voir, ingérés et quasi intacts, dans des vacuoles digestives très visibles. Mais l'examen de la cavité orale et de la ciliature révèle quelques détails intéressants


Les specimens que j'ai observés sont plus petits, ils n'atteignent pas 150 microns.
ils sont holotriches, ovoïdes, et se caractérisent par la présence de nombreuses vacuoles digestives contenant des algues (des chlorococcales essentiellement), des diatomées, et divers débris.



En plus de ces inclusions, leur cytoplasme comporte des algues symbiotiques - des zoochlorelles - ici de couleur vert-bleuté.

La ciliature est homogène, mais chaque cil est accompagné d'un trichocyste. Ces trichocystes, sortes d'aiguilles logées dans un tubule fusiforme, peuvent être éjectés lorsque le Frontania est stressé. Ils ne sont pas répartis au hasard, des lignes de cineties peuvent être observées à fort grossissement, ils sont parallèles et s'organisent autour du cytostome.




Le cytostome est une cavité peu profonde, ovale et bordée d'une membranelle. Les cineties renforcent la parois (et permettent l'ouverture et l'englobement des proies) qui se prolongent en sillons effilés. L'architecture du cytostome caractérise le genre, et le détail - que des techniques de coloration mettent en évidence - permet de différencier les espèces.



Les Frontonia observés contiennent des algues symbiotiques, les zoochlorelles.
A fort grossissement, on voit les zoochlorelles ne sont pas sphériques, ils possèdent des prolongements ressemblant dont certains paraissent ramifiés. Beaucoup de ces zoochlorelles semblent contenir un noyau. Il ne s'agit clairement pas de simple inclusions de chloroplastes qui auraient été ingérés.



La symbiose zoochlorelle/protozoaire est fréquente. L'avantage est réciproque : protection des algues contre oxygénation (qui résulte de la photosynthèse). Les algues profitent aussi de la mobilité des ciliés qui s'exposent à la lumière. On a noté que les organismes symbiotiques se retrouvent plus fréquemment à une profondeur d'un mètre, dans une zone où l'oxygène dissout est plus rare mais qui reste cependant bien éclairée.
Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 3 mars 2009
Les vers plats, ou Platyhelminthes (on écrit aussi Plathelminthes) interessent fortement les biologistes, à cause de leur extraordinaire capacité de régénération : un individu entier se reconstitue à partir d'un fragment coupé à partir de cellules souches, les néoblastes.

Quatre classes subdivisent les Platyhelminthes : Turbellaria, Monogenea, Trematoda, and Cestoda. Certains d'entre eux sont des parasites connus et redoutés : les Cestodes, comme le ténia ou les trématodes, comme la Douve du foie, ou le Schistosomes, responsables de la bilharziose. Les monogènes sont souvent des parasites externes des poissons.

Les Turbellaria sont, quant à eux, des formes libres, non parasitaires. La plupart de ces vers plats sont marins, mais certains sont dulcicoles, habitant les eaux douces, et le plus connu d'entre eux est le planaire.
L'analyse cladistique basée sur l'étude comparative des séquences génétiques secoue quelque peu la classification traditionnelles : les platyhelminthes ne sont pas "monophylétiques", c'est à dire qu'ils n'ont pas un ancêtre unique. Dès lors la classification doit être remaniée et elle est encore discutée.

Nous avons, en gros, parmi les bilatériens (métazoaires doté d'une symétrie bilatérales), deux groupes : les Acoelomorphes et les Platyhelminthes et ces derniers se subdivisent en deux classes : Catenulida et Rhabditophora.

Très bien, mais encore ?

Sous le microscope, lorsque nous avons un ver plat, que voyons-nous ?

En voici un.





Il s'agit d'un Plathelminthe, un Turbellarié, que je pense être un Stenostomum, un Catenulida. Sa longueur approche les 500 micromètres, Il se présente comme un ver allongé, plat, à l'extrémité céphalique plus large. Le tube digestif est peu différencié : un pharynx et un intestin, opacifié par de nombreuses cellules sombres, fortement pigmentées. L'épiderme est un épithélium assez épais, densément cilié. Il n'y a pas de cils ou cirres différenciés. Dans la partie céphalique, on distingue la bouche, fente pouvant s'ouvrir et changer de forme. Cette région débouche sur un pharynx dont le lumen est cilié. Par transparence, on peut voir une masse cérébrale en deux hémisphères bilobées. Partie caudale conique, assez courte. A mi corps on constate parfois un épaississement de la cuticule. Je n'ai pas observé, sur les spécimens rencontré, de zoides formé, mis à part l'épaississement central de l'épiderme. Le ver n'a pas de coelome. Les organes sont étroitement juxtaposés et un parenchyme remplit les vides. De part et d'autre du pharynx, un groupe de grandes cellules péripharyngiennes. Le pharynx présente une structure pseudoannelée. il est épais et semble se terminer, au niveau de l'intestin, par un sphincter ou une masse annulaire. De part et d'autre, entre l'épiderme et le pharynx, deux masses de cellules polygonales assez grandes. (à noter que je n'ai pu voir de noyaux dans ces "cellules" ou amas de cellules)




En résumé on peut constater :
1. que le tube digestif est fermé, il n'y a qu'un seul orifice buccal. Sa différenciation est élémentaire : une bouche, avec des cellules péribuccales formant une rosace de tentacules, qui peuvent s'évaginer ; un pharynx (avec des cellules péripharyngiennes), un tube intestinal.
2. que l'appareil circulatoire est absent
3. l'appareil nerveux comporte un cerveau à deux hémisphères bilobés, visible dans la partie céphalique, en avant de la cavité buccale
4. tout le corps est cilié, mais sans différenciation de cils



A fort grossissement, j'ai pu découvrir les ocelles. Ces yeux sont très élémentaires puisqu'ils ne consistent qu'en une cuvette comportant quelques cellules réfringentes, connectées semble-t-il à un nerf optique.



voici une autre espèce de Turbellaria



on remarque de suite les différences par rapport à l'espèce précédente. Le ver est plus allongé. La disposition de la bouche est différente : au milieu de la partie céphalique, elle détermine une fente longitudinale (tandis que l'espèce observée hier présentait une fente transversale).

Le pharynx est moins visible, seulement par le lumen devenant visible lorsque l'organisme "avale". La disposition de la masse cérébrale est moins nette : on peut discerner deux lobes dont la partie antérieure est allongée.

A l'avant des ganglions cérébraux, une série de masses cellulaires en 9-10 rangées, une disposition pseudo-annelé. Je pense qu'il s'agit d'un organe sensoriel. Le corps est régulièrement cilié, mais à l'extrémité antérieures il y a 3 cirres plus longs, qui ne peuvent être discerné à 40x et en contraste de phase.

Sur un autre plan que le pharynx, il y a une série de canaux anastomosés provenant de la région cérébrale et se poursuivant le long du corps. On peut discerner aussi des canules semblables dans la partie caudale. L'intestin est garni de grandes cellules sombres - cellules excrétrices ? A fort grossissement (100ximm) on peut discerner au milieu de la partie céphalique, à l'avant du ganglion cérébral, une cellule unique, plus réfringente, possédant quelques granules ; je pense qu'il s'agit d'un statocyte.




Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 12 février 2009
Certains protozoaires sont de redoutables prédateurs. Parmi ceux-ci, les suctoriens dont la technique de capture est digne des créatures extraterrestres d'un film de SF...

Acineta est l'un d'entre eux. Le zoïde est contenu dans une lorica à parois fines dans la forme évoque un calice dont les bords sont accolés, à l'exception de deux ouvertures latérales laissant passer un bouquet de tentacules. Les tentacules sont regroupées en faisceaux, au nombre de deux (chez certaines espèces il y en a 3) et sont présentent un renflement terminal. Il y a une dizaine de tentacules par faisceau.

Dans le calice, une vacuole est visible, constituée du regroupement périodiques de petites vacuoles qui s'anastomosent. Lorsque la vacuole se contracte, un canal d'excrétion devient visible. Un macronucléus ovoide peut être discerné. Le pied, stipe rigide, est ici aussi long que le zoïde.











Le premier spécimen observé se présentait latéralement. Peut-être à cause de la manipulation de la lamelle ou de l'écrasement du protozoaire, les tentacules sont restées contractées, invisibles à l'intérieur de la lorica. La pulsation rythmique de la vacuole et le noyau ont été observés.



Une recherche ultérieure à permis de trouver un autre spécimen aux tentacules visibles. l'Acineta se présentant obliquement, la mise au point ne pouvait se faire que sur un groupe de tentacules à la fois. Le temps de passer à l'objectif à immersion, l'Acineta avait capturé un cilié hypotriche de belle taille. Immédiatement, le cilié fut immobilisé, pris au piège de 7 ou 8 tentacules munis à l'extrémité d'une sorte de ventouse. Ces tentacules se mirent à pomper le cytoplasme de la proie qui se vit  en 45 minutes littéralement vidée. A un grossissement de 1000x on pouvait apercevoir le flux nourricier à travers les tubes et l'on constatait la prolifération, dans le zoïde, des vacuoles digestives.





Acitena
ne doit pas être confondu avec Podophrya, autre suctorien se présentant comme un cône sessile, qui ne possède pas de lorica. Tokophrya est aussi un autre genre de suctorien de forme conique, mais ne possédant pas, non plus, de lorica. Acinetides ressemble à Acineta, avec un pied qui, dans ce genre (qui ne comporte qu'une seule espèce) contient du cytoplasme. Acinetides a été découvert dans le lac Baikal et semble parasiter un crustacé, tout comme Canellana.

Notre Acineta se trouve sur une algue verte sans doute un Oedogonium. Le cycle reproductif est intéressant : l'organisme bourgeonne à l'intérieur du lorica et génère des formes télotroches qui sont ciliés. Ces immatures se fixent à nouveau et acquièrent lorica et tentacules.
Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 4 janvier 2009

Aeolosoma sp. - zone cephalique, prostomum et oesophage région céphalique et pharyngée.


La région céphalique est élargie, aplatie et présente une zone buccale densément ciliée.
le cuticule présente auss une ciliature bien visible à fort grossissement.

Les mouvements des cils créent un courant aspirant l'eau et les matières nutritives vers le pharynx. Celui-ci est court et l'on peut voir l'oesophage, souvent quelque peu replié sur lui-même, aboutir à l'estomac.





La région oesophagienne couvre deux segments (métamères) que l'on peut distinguer aux paires de soies latérales.
Par transparence on discerne en superposition partielle le vaisseau sanguin ventral, qui est quasiment rectiligne et se prolonge jusqu'à la partie caudale. On remarque, sur la photo, la première paire de soies (setae).

on note sur la deuxième photographie, les cils vibratiles recouvrant le cuticule externe de la région céphalique.










 

 

 

 

 




Segment oesophagien


l'estomac se voit à droite. Plus musculeux, la parois stomacale est striée longitudinalement de sillon irréguliers.

La lumière est souvent emplies de débris divers, alimentaires, végétaux et minéraux.

Noter que le cuticule épidermique est séparé du tube digestif par la cavité coelomique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





Néphridies

A chaque métamère, le tube digestif est flanqué d'une paire de néphridies, qui sont les organes excréteurs (physiologiquement équivalent du rein des vertébrés). Ces néphridies se présentent comme une saccule débouchant dans la cavité coelomique par un néphrostome.


 Des cellules flagellées garnissent la paroi de ce saccule qui est relié au tube digestif.















































Aeolosoma sp - kyste

Enkystement



Par conditions défavorables et particulièrement par temps froids, les Aeolosoma peuvent s'enkyster. Le ver accumule des réserves nutritives et s'enroule dans un coque mucilagineuse protectrice transparente, on peut voir à travers les "pois" rouges qui caractérisent l'Aeolosoma hemprichi. Le kyste est spéhrique et de taille variable, entre 175 et 250 microns.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 décembre 2008

Représentants les plus primitifs des annélides oligochètes, les Aeolosomatidae se caractérisent par un large pros
tomum aplati et ventralement cilié. Leur longueur varie de 1 à 10 mm. Les contractions leur donnent une apparence de segmentation externe. Le corps est muni de soies latérales, groupées par paires mais il n'y a pas de parapodes. Le ver est souvent constitué d'une chaine de zoïdes produits par fragmentation.  Le corps est coloré par des cellules glandulaires épidermiques qui consistent en une vacuole remplie d'un liquide dont la couleur varie selon l'espèce : rouge, vert, bleu-vert, jaune ou parfois incolore. Il y a une trentaine d'espèces réparties dans trois genres - Aelosoma, Histricosoma, Rheomorpha - dans le monde que l'on trouve le plus souvent dans la terre, dans les espaces interstitiels.



 

 

 

 


Aeolosoma sp.


Ces taches sont rouges-oranges chez Aeolosoma hemprichi et sont réparties sur tout du corps, avec une prédominance toutefois sur le prostomum.


Le ver mesure un peu près 1mm, il peut être plus court. Le prostomum est élargi, aplati et muni de cils vibratiles qui ont une fonction sensorielle. Ces cils dirigent aussi la nourriture (débris divers, bactéries etc) vers l'orifice buccal, un sphincter garni lui aussi de cils. Le ver passe ainsi sur les débris tel un aspirateur et l'on voit progresser le bol alimentaire (où se trouvent aussi des fragments minéraux) dans le tube digestif.


Ce dernier comporte trois segments distincts : l'oesophage, relativement court, souvent replié, débouche sur l'estomac, plus large et à structure musculaire est longitudinalement  fibreuse. L'intestin occupe le dernier tiers du tube digestif. Le tout est animé de contractions péristaltiques. Le ver peut aussi se contracter ou s'étendre, glissant sans peine entre les débris. Les Aelosoma sont lucifuges et on les trouve au fond de l'infusion, dans la matière végétale en décomposition.


Cet oligochète possède des groupes de soies (au nombre de 5 environ) disposés en paires. Les soies sont droites, de type "capillaire", non épaissies et semblent ne pas présenter d'ornements. Ils s'enracinent latéralement dans l'hypoderme et jusque dans la cavité coelomique. J'ai compté, sur un individu, 7 + 4 paires (les quatre dernières se trouvant sur un zoide en formation).


Les oligochètes, comme annélides, sont métamérisés, mais il n'y pas, dans ce genre, de septa, cloisons internes, séparant les métamères, au nombre de 6 ou 7. Ceux ci se comptent à partir des setae.









Reproduction

Aelosom : scission


Bien qu'une reproduction sexuée existe (l'animal est hermaphrodite protandre, le testicule arrive à maturation avant l'ovaire) elle est fort rare.


Le plus souvent, la reproduction est asexuée, par fission, l'animal se segmente en "bourgeons" appelés zoïdes, dans la partie postérieure (pygidium) de l'animal. Progressivement on voit se différencier un prostomum et le tube digestif se contracter. Ce processus est continu durant la vie et l'on peut voir se former dans un même individu des zoides successifs non détachés.


A basse température ou en cas de mauvaises conditions nutritionnelles, l'aelosoma peut s'enkyster. La formation du kyste est décrite par H. Herlant-Meewis.






Parasitisme


L'intestin des Aeolosoma peut être parasité par Anoplophrya maupasi, un protozoaire cilié astome. Ovoide, finement cilié (la ciliature est régulière), il se reproduit par scission transversale mais aussi par une sorte de bourgeonnement dit caténulaire. Le corps se segmente partiellement, formant une chaine successives de 2-3 cellules-filles. (voir Casimir CEPEDE, Recherches sur les infusoires astomes; anatomie, biologie, éthologie parasitaire, systématique (1910) : http://www.archive.org/details/recherchessurles00cp)
Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 23 novembre 2008


Parmi les Hypotriches, le genre Euplotes est facilement reconnaissable. Possédant un corps ovale, ils possèdent un appareil ciliaire particulièrement différencié. La face dorsale est bombée, souvent cannelée ou parcourue de sillons. Des lignes parallèles peuvent se discerner, à fort grossissement. La face ventrale, plane, ou concave, est caractérisée par la présence de l'appareil buccal ainsi que de l'appareil ciliaire.



Péristome (appareil buccal) : située ventralement sur le côté gauche du corps, il se présente comme une dépression occupant  une moitié du corps, voire plus, triangulaire ou largement ouverte. Certaines espèces ont un péristome plus étroit, presque en gouttière.


Le péristome est recouvert à droite par une mince lame. A gauche, on distingue immédiatement la zone membranaire adorale. Ces cirres regroupés en membranes partent de la partie antérieur et contournent dorsalement le col pour se prolonger en diagonale jusqu'au cytopharynx, rejoignant le fond de la cavité buccale, où s'invagine le cytostome.


A l'extrémité antérieure de la face ventrale, on discerne en outre un groupe de cirres épais. Généralement au nombre de 9. Certaines espèces en possèdent 10. 5 ou 6 sont regroupés dans la partie antérieures, 3 ou 2 se retrouvent plus en retrait, dans la région externe de la face ventrale.Les cinq cirres transversaux, alignés en oblique ou en deux groupes formant angle, sont un les éléments les plus évidents des Euplotes, avec les quatre cirres caudaux (quelques espèces en ont plus).Les cirres frontaux-ventraux et les cirres transversaux ont une fonction de soutien et de locomotion. On peut dire que les Euplotes "marchent" sur le support, les cirres quasiment à la verticale. La circulation de l'eau, attirant les bactéries, est assurée par le battement de la membranelle adorale. Les cirres caudaux se maintiennent à l'horizontale ou sont redressées.


La progression est saccadée, mais peut être rapide. Le cytoplasme est clair, avec des inclusions. Des vacuoles pulsatiles peuvent apparaître. Le macronucleus est difficilement visible sans coloration. Il est allongé, en forme de C ou du chiffre 3. Le micronucléus, invisible sans coloration, est très petit, souvent accolé au macronucleus, à l'extérieur de la courbe que ce dernier forme.


Une coloration par imprégnation argentique permet de mettre en évidence, sur la face dorsale, les cineties en lignes parallèles, que l'on parfois distinguer sur les crêtes. Les cils sont très petits et n'ont pas de fonction locomotrice.En plus de ces cinéties, on observe une structure réticulaire, l'argyrome, dont la géométrie, constante  chez une espèce donnée, est un des principaux critères de détermination.


La détermination sûre de l'espèce est impossible par une simple observation de specimen vivant.


En effet, les caractères distinctifs sont :

  • le nombre des cirres fronto-ventraux, transversaux et caudaux ;
  • la forme du macronucleus ;
  • le nombre de cineties, et
  • le dessin formé par l'argyrome.

Le macronucleus ne se discerne bien qu'après coloration spécifique du noyau (coloration de Feulgen) tandis que les cineties et l'argyrome n'apparaitront qu'après une imprégnation argentique. Faute de maitriser ces techniques de coloration et fixation, on ne peut que décrire le plus exactement possible le nombre et la disposition des cirres et se contenter d'une détermination approximative.



Spécimen vu sur la face dorsale. L'AZM est visible ainsi que les cirres caudaux. Les cirres ventraux sont à peine esquissés ici.


Le dessin suivant présente le même specimen avec la mise au point sur la face ventrale. On discerne le groupe de 5 cirres transversaux, les quatre principaux cirres caudaux, et les 9 cirres fronto-ventraux. Sur la partie mediane, j'ai cru discerner des cirres alignés











































Liens utiles et sources :


sur Micro*scopia : la page des Euplotes


Revision du genre Euplotes, par  M. Truffeau in Hydrobiologia, Volume 15, Numbers 1-2 / juillet 1960


Euplotes : dans Protists information Server



Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 21 octobre 2008
Après plusieurs semaines de mise en culture, j'ai repris les observations des prothalles de Fougère mâle (Dryopteris filix-mas). Leur maturation est a terme puisque des anthéridies et anthérozoides peuvent sont présents. Il reste cependant à découvrir et observer les archégones.

Un petit rappel du protocole de culture s'impose. La sporée a été recueillie sur une plaque de verre, puis sur laquelle on frotte un carré de mouchoir en papier non coloré et neutre. Le substrat est de la cellulose pure. Légèrement imbibé d'eau, il est placé en boite de pétri fermé. Le milieu ambiant est humide et placé à température modérée, hors soleil, mais à l'extérieur. Au terme de quelques semaine, le papier, sur lequel on peut discerner la couche verdâtre des prothalles en formation, est transposé sur un lit de tourbe (du commerce, il s'agit essenteillement de débris végétaux notamment de sphaignes) et laissé à l'extérieur, boite fermée. Au bout de trois ou quatre mois, les prothalles sont pleinement développés en nombreuses petites folioles cordiformes de 1 à 2 mm carrés.





le prothalle

prothalle Dryopteris filix-mas Le prothalle a acquis un aspect cordiforme. Il comporte des rhizoïdes et aux bords des cellules plus allongées, qui s'observent aussi à la surface du thalle. Sur le spécimen dessiné, les anthéridies n'étaient pas encore présentes, mais sur les prothalles mûrs, on les distingue en nombre sur la face inférieure à proximité des rhizoïdes.



























 les anthéridies

Anthéridies de Dryopteris filix-mas. Ils sont constitués de quelques cellules formant une paroi protégeant des gamétocytes en formation. Ces gamétocytes vont constituer des anthérozoïdes dont le corps a une structure spiralée.



A maturation, les anthéridies libèrent des anthérozoïdes qui restent un moment immobiles, puis tournent sur eux-mêmes et finissent par nager librement en milieu aqueux. L'ouverture des anthéridies est provoquée par l'humidité (pluie).



Les anthérozoïdes sont des cellules globuleuses avec une sorte d'armature en tire-bouchon, munie de nombreux flagelles. Libérés des anthéridies, ils se déplacent en quête des archégones où ils fécondent les ovosphères.

Je n'ai pas observé encore les archégones. Chez les fougères isosporées comme la Fougère mâle, les anthéridies et les archégones sont présents sur le meme prothalle (dit synoïques) mais d'autres espèces ont des prothalles dioïques.

observations faites en octobre 2008
















Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 21 octobre 2008
On sait que le cycle vital des fougères suit une alternance de générations où le gamétophyte se réduit à un petit corps thalloïde dont la durée de vie est limitée. La fougère telle que nous la connaissons est le sporophyte : il produit des spores accumulées dans des sores. Les spores (ou gonospores) germent et produisent un prothalle qui est porteur des gamètes. Chez les fougères isosporées, le prothalle produit les gamètes mâles - les anthérozoïdes -  et femelles - l'oosphère. Quelques observations permettent d'illustrer (en partie) ce cycle.

1. s poranges et spores

les sporanges sont prélevées et observés au microscope.

Les spores sont des cellules haploïdes produites par meiose, à partir de sporocytes. Ces cellules sont protégées par un sporange dont la parois est renforcée d'une armature cellulosique. Celle-ci se contracte à l'humidité provoquant une déchirure. La contraction est assez vive pour permettre une expulsion des spores.





























2.  germination des spores :  4 - 7 jours

J'ai recueilli ces spores sur un papier absorbant et laissé en culture en milieu humide, dans une boite de petri. La germination des spores a été observée. La différenciation cellulaire s'observe après quelques jours : des cellules présentent des chloroplastes tandis qu'un rhizoide, sans chloroplaste, apparait transversalement. Au terme d'une semaine, les premières divisions cellulaires du prothalle en formation apparaissent.







3. formation du prothalle : 4 semaines

Au terme de quelques semaines, on peut observer les prothalles déjà bien différenciés. Encore microscopique, (on ne distingue à l'oeil nu que la coloration verdâtre du papier absorbant), les prothalles comportent à 4 semaines une dizaine de cellules.

Les chloroplastes sont bien visibles, ainsi qu'un noyau assez gros et translucide. On peut discerner les tractus cytoplasmiques reliant des chloroplastes regrouplés le long des parois.




















observations faites en juin et juillet 2008








suite au prochain post
Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 13 août 2008


La femelle se distingue par la présence de la vulve, située à peu près au milieu du corps.

Ce spécimen présente clairement la structure double des gonades, paires et disposées de part et d'autre de la vulve. La gonade antérieure (du côté de la bouche) passe à l'arrière de l'intestin, tandis que le repli, dans la gonade postérieure, est visible par dessus l'intestin.

L'ovaire comporte plusieurs régions : le rachis, dont les cellules sont peu visibles au début mais qui, au fur et à mesure de la maturation, deviennent des ovocytes. Chez les hermaphrodites, ceux ci sont (auto)fécondés dans une chambre spermatique avant de se développer dans l'uterus. Je ne suis pas du tout certain que le spécimen observé soit hermaphrodite.

Chez C. elegans (qui est hermaphrodite) , les ovocytes se disposent régulièrement le long d'un ovaire assez allongé. Ici, l'ovaire est assez court et les ovocytes se présentent en amas.

Dans l'utérus du specimen dessiné, il y a un oeuf de chaque côté de la vulve. Ces oeufs sont expulsés et l'on en trouve fréquemment dans la culture.


 

Par Patrice Dx
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus