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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 00:26

J'ai recueilli, vers la mi mars, l'eau d'une vasque située dans un jardin public en milieu urbain. il s'agit d'eau de pluie et un fond de vasque terreux avec débris végétaux et animaux (insectes). Dans ce prélèvement, je n'ai pas observé d'autre métazoaires que les rotifères - deux espèces observées : bdelloïdes rotaria sp, et Epiphanes. Pas de daphnie, ni de copépodes. Parmi les protozoaires : des paramécies, des hypotriches divers, des coleps. Sont présentes, quelques rares vorticelles isolées. Des euglènes, des phacus, des petites amibes et des flagellés. Quelques cyanophytes et des diatomées. Présence de Closterium et un Pediastrum a été observé.

Parmi les ciliés, l'un d'eux m'a posé problème d'identification.

C'est un cilié allongé, dont la longueur est double de celle d'une paramécie caudatum, qui abonde dans ma récolte. Cette espèce se rencontre fréquemment, nageant souplement, se faufilant dans les débris, contorsionnant un corps vermiforme, aplati aux extrémités, de coloration légèrement brunatre, avec des inclusions plus sombres.

Le cytostome est subapical, en sillon, et fait 1/3 de la longueur total de la cellule. Celle-ci est vermiforme, légèrement renflée au milieu. Présence d'un macronucleus réniforme, en C, unique, central. Inclusions ou vacuoles digestives. Cytoprocte à l'extrémité postérieure. On peut voir épisodiquement l'évacuation des déchets. La ciliature est uniforme, plus marquée aux extrémités et dans la zone adorale. Quelques vacuoles contractiles sont parfois (difficilement) visibles aux bords... pas de région privilégiée pour l' apparition de ces vacuoles. La zone postérieure est dégagée d'inclusion,  à première vue on ne discerne pas une vacuole bien nette Il faudra d'autres observations attentives pour la mettre à l'évidence. A l'apex, pas de flagelle visible, quelques cirres plus longs. La ciliature est régulière mais plus prononcée à l'apex et à l'extrémité postérieure. Myonèmes visibles en ligne parallèles, légèrement spiralée. L'extrémité postérieure est légèrement aplatie. Dans mes premières observations, je n'y perçois pas de grande vacuole

 

Une détermination hasardeuse

Dans un premier temps, je m'oriente vers les Litostomatea et la sous classe des Haptoria.

Il y a une ressemblance avec Hemalozoon vermiculare mais je constate l' absence de vacuoles contractiles régulièrement disposées le long de la zone dorsale.

Je pense aussi à Tracheophyllum : certains tracheophyllum sont allongés mais ici il n'y a pas la ciliature abondante et régulièrement répartie. D'autre part tracheophyllum a deux macronuclei. Ce n'est pas le cas ici.

Le proboscis (ou du moins ce qui m'apparait comme tel) ne me paraît pas assez grand pour être un Lacrymaria. Reste les Chaenea. La ressemblance est forte (au vu des photos) et j'attribue dans un premier temps le spécimen à ce genre, mais Michel Px me fait remarquer que les Chaenea sont marins. De plus, ils possèdent de nombreux macronuclei. En clair, la catégorisation des spécimens observés dans les Litostomatea s'avère erronée.


Vers les hétérotriches - Spirotomum ?

La description, sur Protists Information Server du genre Spirotomum me semble mieux correspondre. Spirotomum fait partie des Hétérotriches (des Hétérotrichidae pour être précis) dont font partie les Stentors et les Blepharisma... Les Spirostomes (Spirotomum sp) sont allongés, vermiformes, parfois aplatis, du moins aux extrémités.

 

A fort grossissement, on discerne la vacuole caudale, qui était passée inaperçue lors des permieres observations. Celle-ci peut être temporairement occupée par des déchets – la vacuole fait office de cytoprocte et l'on assiste régulièrement à l'évacuation de « fèces ». Il est difficile de mettre en évidence d'autres vacuoles, parfois quelques unes apparaissent le long du corps... la partie postérieure est largement occupée par des inclusions – en cours de digestion ou en attente d'évacuation sans doute – brunâtres ou verdâtres. Un macronucléus est bien visible, dans la partie centrale. 

Ce nucleus est ovale ou réniforme. Jamais en forme de chapelet (moniliforme). Ce qui m'apparaissait indistinctement à moyen grossissement se révèle bien en constraste de phase, à 40 x : à savoir les bandes longitudinales constituées par des myonèmes parallèles. On peut aussi attribuer ces bandes à des cineties. Lorsque l'animal est détendu, ces lignes sont presque parallèles mais dès que l'animal se contracte, en raison d'une stimulation tactile par ex, ces lignes s'organisent en spires autour du corps, qui est recouvert des cils fins et relativement espacés.

On remarquera la grande taille du cilié, par rapport au paramécium caudatum dessiné à l'échelle. Le cytostome occupe plus d'un tiers du corps mais moins de la moitié. Le nucleus est au milieu. la vacuole caudale se prolonge en biais...


 

En détaillant au 40x, on peut voir l'organisation du péristome. La zone apicale comporte souvent quelques cirres plus longues et plus épaisses. le long de la zone orale, on observe en rang régulier et serré les cirres formant une membrane parorale, animées fugitivement d'une ondulation régulière. Cette membrane se prolonge jusqu'au pharynx. Le cytostome forme pour ainsi dire un sillon étroit, s'ouvrant seulement à son extrémité, au tiers du corps.

 

Je ne sais trop pour quelle raison, un individu était constamment contracté. Plus large et de la taille d'une paramécie. L'organisation en spire des myonèmes était parfaitement visible. Deux vacuoles, périphériques, étaient visibles dans la partie antérieure. la vacuole caudale m'est apparue quelque peu segmentée. En fait des fibres cytoplasmiques constituaient un réseau lâche en périphérie.



conclusion provisoire

Il m'est apparu que la prudence reste indiquée si l'on veut identifier des protozoaires non fixés et non colorés. Spirotomum ressemble fort à homalozoon ou a Chaenea. La taille peut être un catactère distinctif. Le nombre et la forme du macronucleus est très important. Je constate la présence du vacuole caudal, cytoprocte, dans plusieurs groupes : haptoriae d'une part et Spirostomes d'autre part..

 

La catégorisation des espèces observées comme Spirostomum me semble justifiée parce que :

  • la forme et la taille correspondent

  • présence du vacuole caudal

  • macronucleus unique, allongé

  • organisation spirale des myonèmes et cineties

  • membrane parorale animée d'une ondulation caractéristique

quant à l'espèce, il me paraît difficile de se prononcer. Sur PIS, six espèces sont décrites mais d'autres sont mentionnées sans être décrites

Spirostomum ambiguum : macronucleus moniliforme, grand, péristome occupant 2/3 du corps – ne correspond pas aux spécimens observés

spirostomum filum : péristome occupant un quart du corps, postérieur rétracté (drawn out)... pourrait correspondre quand à la taille, le péristome est un peu plus long cependant

Spirostomum intermedium : macronucleus moniliforme – ne correspond pas

Spirostomum loxodes : macronucleus en chaîne, 300 µ, stries obliques, cils plus longs à la fin - douteux

Spirostomum minus : macronucleus en chaine. Eau salée et douce

Spirostomum teres : ressemble à S. ambiguum mais plus petit, couleur jaunâtre ou brunâtre, péristome occupant un tiers du corps, macronucleus ovale. En eau douce mais aussi en eau salée. Longueur entre 150-400 µm. Chez cette espèce, il y a 4 micronuclei enfoncés dans des dépressions situées sur le macronucleus.

 

S. Teres me parait être l'espèce la plus probable.

 


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Published by Patrice Dx - dans Microscopie
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